Combien gagne vraiment un député européen ? Le chiffre de « 23 000 € » circule souvent, mais il mélange indemnité personnelle, frais de mandat et enveloppes non personnelles. En réalité, le traitement mensuel d’un eurodéputé est de 10 927 € bruts en 2026, soit environ 8 517 € nets après impôt communautaire. Voici le détail complet, sources officielles à l’appui.
Le traitement de base d’un député européen en 2026
Depuis 2009, tous les eurodéputés de l’Union européenne perçoivent la même indemnité de base, quelle que soit leur nationalité. Ce statut unifié a mis fin aux disparités entre les 27 États membres.
En 2026, le traitement mensuel brut d’un eurodéputé est de 10 927 € bruts par mois (valeur actualisée sur la base du statut des membres du Parlement européen). Après déduction de l’impôt communautaire et des cotisations d’assurance accidents, le net perçu s’élève à environ 8 517 € nets par mois.
Ce traitement est soumis à l’impôt communautaire propre aux institutions européennes, et non à l’impôt national du pays d’origine de l’eurodéputé. Les montants nets peuvent donc varier légèrement selon les situations familiales (déductions pour charges de famille applicables).
Les trois composantes de la rémunération totale d’un eurodéputé
Au-delà du traitement de base, la rémunération globale d’un eurodéputé comprend plusieurs éléments distincts :
- Traitement de base : 10 927 € bruts/mois (environ 8 517 € nets)
- Indemnité de frais généraux (IFG) : 4 950 € par mois destinés à couvrir les frais de gestion de la permanence du député dans son pays d’élection (loyer, équipements informatiques, téléphonie, frais de représentation). Cette enveloppe n’est pas un revenu personnel mais un remboursement forfaitaire de frais. Elle est réduite de moitié si l’eurodéputé assiste à moins de la moitié des séances plénières sans justification.
- Indemnité de présence journalière : 350 € par jour pour chaque journée de présence à Bruxelles ou à Strasbourg pour des réunions officielles (séances plénières, commissions). En dehors de l’UE, l’indemnité est de 179,50 € par jour avec remboursement séparé de l’hébergement.
En additionnant traitement net, IFG et indemnités de présence pour un eurodéputé très présent, on peut approcher les montants de 15 000 à 18 000 € mensuels, mais une part importante de ce total correspond à des frais de mandat, non à un revenu personnel.
L’enveloppe pour les assistants parlementaires
En 2026, chaque député dispose d’une enveloppe de 32 072 € par mois maximum pour rémunérer ses assistants parlementaires. Cette somme n’est pas versée aux eurodéputés eux-mêmes : elle est exclusivement destinée à payer le personnel de cabinet (assistants accrédités à Bruxelles/Strasbourg et assistants locaux dans le pays d’origine).
Ce montant est régulièrement cité à tort dans les médias comme faisant partie du « salaire » de l’eurodéputé. Il s’agit d’une enveloppe de fonctionnement, non d’un revenu personnel, et les dépenses correspondantes font l’objet d’un contrôle par l’administration du Parlement.
Comparaison avec le député national français
Le traitement d’un eurodéputé est sensiblement supérieur à celui d’un député à l’Assemblée nationale française :
- Eurodéputé : 10 927 € bruts/mois (environ 8 517 € nets après impôt communautaire)
- Député national français (Assemblée nationale) : 7 637,39 € bruts/mois (environ 5 953 € nets), soit 2 466 € nets de moins qu’un eurodéputé selon les données de touteleurope.eu
La différence s’explique notamment par la contrainte de résidence à Bruxelles ou Strasbourg pour les eurodéputés et la nécessité de maintenir une présence dans leur pays d’origine. Les hauts fonctionnaires français comme les préfets restent nettement en dessous de ces niveaux de rémunération.
Pension de retraite et indemnité de fin de mandat
En fin de mandat, les eurodéputés bénéficient d’une indemnité transitoire : un mois de traitement par année de mandat, soit environ 54 600 € bruts pour un mandat de 5 ans. Cette indemnité est versée mensuellement et cesse en cas de nouveau mandat ou d’emploi dans une institution européenne. Le cumul est plafonné à 24 mois.
À partir de 63 ans, l’ancien eurodéputé peut percevoir une pension proportionnelle à sa durée de mandat, calculée sur la base du traitement en vigueur. Cette pension se cumule sous conditions avec d’autres revenus ou pensions nationales.
Activités parallèles et transparence des revenus
Le règlement du Parlement européen autorise les activités professionnelles parallèles rémunérées, sous réserve de les déclarer publiquement. Les déclarations d’intérêts de chaque eurodéputé sont accessibles sur le site officiel du Parlement européen. Selon les données disponibles, près d’un tiers des eurodéputés déclarent des revenus annexes (mandats locaux, fonctions de conseil juridique, activités d’avocat ou d’enseignement). Cette transparence obligatoire est l’une des spécificités du mandat européen par rapport aux mandats nationaux. Pour comprendre la logique de cumul de mandats et de revenus, le cadre de la clause de non-concurrence ne s’applique pas aux élus, qui bénéficient d’un régime spécifique.
FAQ sur le salaire des députés européens
Tous les eurodéputés gagnent-ils exactement la même chose ?
Le traitement de base est identique pour tous. En revanche, les indemnités de présence varient selon le nombre de réunions auxquelles le député assiste, et l’IFG peut être réduite en cas d’absentéisme. Les revenus annexes déclarés créent également des différences significatives entre eurodéputés selon leur profil professionnel.
Un eurodéputé paye-t-il des impôts dans son pays d’origine sur son traitement ?
Non. Le traitement versé par le Parlement européen est soumis à l’impôt communautaire propre aux institutions de l’UE, et non aux impôts nationaux. En revanche, les revenus annexes déclarés (activités parallèles) restent imposables dans le pays d’origine selon les règles fiscales nationales applicables.
Combien d’eurodéputés français siègent au Parlement européen ?
Suite aux élections européennes de juin 2024, la France dispose de 81 sièges au Parlement européen (sur 720 au total), ce qui en fait l’un des pays les mieux représentés. Le nombre de sièges par État est proportionnel à la population, avec un minimum de 6 sièges et un maximum de 96 (Allemagne).
L’indemnité de frais généraux de 4 950 € fait-elle l’objet d’un contrôle ?
Elle est versée forfaitairement sur présentation d’aucun justificatif obligatoire jusqu’en 2024, ce qui a suscité des critiques répétées sur la transparence de son utilisation. Depuis, des réformes progressives visent à renforcer le contrôle de ces dépenses, certains groupes politiques imposant à leurs eurodéputés de fournir des justificatifs et de reverser les sommes non utilisées.